Titre original
Theodora
Georg Friedrich Haendel
« Si cette vierge obstinée daigne consacrer une offrande aux grands dieux qui ont soumis le monde à Rome, elle sera libre ; sinon le plus vil de mes gardes triomphera de la chasteté dont elle se fait gloire. » À l’annonce de cette sentence qu’elle considère pire que la mort, Theodora ne tremble pas et se livre à ses bourreaux, digne malgré l’ignominie. Par cette peine exemplaire, c’est toute la communauté chrétienne d’Antioche que les autorités romaines cherchent à mettre au pas. Face à l’intolérance, l’outrance et l’humiliation, Theodora oppose la droiture d’une foi inébranlable. Une droiture qui a enflammé le cœur de Didymus, officier victorieux de l’armée romaine, prêt à tous les sacrifices pour sauver celle qui l’a conduit sur le chemin de Dieu.
Maître de la scène lyrique londonienne, Haendel renonce au début des années 1740 au genre virtuose de l’opera seria pour se consacrer à l’écriture d’oratorios en langue anglaise. De cette conversion naissent plusieurs chefs-d’œuvre d’inspiration religieuse, dont le crépusculaire Theodora. Sur le point de devenir aveugle, Haendel développe dans cette partition une écriture épurée et profondément intériorisée, afin d’insuffler vie et humanité à des figures issues de l’hagiographie chrétienne.