Titre original
Only the Sound Remains
Kaija Saariaho
Au milieu des ombres de la nuit, le vénérable Gyokei accomplit les rites pour honorer la mémoire de Tsunemasa, mort au combat. Rappelé des limbes, le spectre du jeune guerrier s’éveille à un monde familier. Le temps d’une heure suspendue, il se remémore les joies de sa vie à la cour, avant de caresser une dernière fois le luth que lui avait offert l’empereur (Toujours plus fort). — Heureux Hakuriō ! Dans un bosquet de pins, il découvre un manteau céleste, suspendu à une branche, et s’empare de ce trésor. Sans cet habit enchanté, la sylphide à qui il appartient ne peut plus s’envoler pour rejoindre l’éther. Afin de le récupérer, elle accepte d’offrir aux yeux mortels de l’humble pêcheur le ravissement d’une danse dont les rondes éveillent le souffle du printemps (Le Manteau de plumes).
Figure incontournable de la création contemporaine, la compositrice finlandaise Kaija Saariaho signe avec Only the Sound Remains (2016) un diptyque inspiré du théâtre nô japonais, d’après les pièces Tsunemasa et Hagoromo. Elle y met en musique la rencontre de l’humain et du surnaturel au fil d’une partition aérienne, jouant délicatement des timbres et des textures d’une formation instrumentale intimiste et du contraste saisissant des voix d’un contre-ténor et d’un baryton-basse.